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Nightmare, 2018 - Bérénice Trésorier

Nightmare, 2018

Linogravure sur papier Bristol 300 gr/m2

Format : 74 x 74 mm fermé, 148 x 74 mm ouvert, 297 x 297 mm déplié

4 exemplaires

Nightmare est une bande dessinée sous forme de dépliant fabriqué à partir d’une feuille carrée imprimée sur les deux faces, découpée et collée. L’histoire s’inspire de l’entrée numéro 106 du Commonplace Book de H. P. Lovecraft :

 « Une chose qui s’assoit sur la poitrine de quelqu’un qui dort. Partie au matin, mais a laissé une trace. »

Une enfant se réveille dans son lit après un cauchemar, elle appelle sa mère mais elle ne vient pas. La petite fille nous raconte ensuite ses techniques, que nous avons tous expérimentées enfant, pour ne pas avoir peur du noir.

Le verso de la feuille, une fois dépliée, nous présente le monstre sortant de sous le lit, et nous découvrons que la dernière case est aussi la couverture du livre. L’histoire recommence. 

La linogravure, avec son aspect brut, associée à un dessin enfantin créé une rupture avec l’univers horrible de Lovecraft et nous invite à voir des événements fantastiques à travers les yeux d’une enfant.

La forme du livre se veut ludique et angoissante à la fois, le lecteur peut dérouler le livre comme il veut, essayer de le déplier « comme il faut » pour pouvoir suivre l’histoire, ou faire se confronter les deux faces de la feuille.

Le jour et la nuit s’entremêlent, laissant le lecteur entre deux états de conscience d’où naît la peur.

 

Hitobashira, 2018 - Bérénice Trésorier

Hitobashira, 2018

Bible altérée, techniques mixtes

Format : 120 x 170 mm fermé

Exemplaire unique 

Hitobashira est un livre d’artiste fait à la main à partir d’une bible de 1942 dans laquelle sont glissées des photographies et des pages d’agenda annotées à la main. La reliure originale de la bible a été retirée et remplacée par une reliure japonaise. Un carré de tissus en coton blanc agrémenté d’une boutonnière vient recouvrir le livre, comme pour le conserver du temps et du regard d’autrui.

Hitobashira signifie « pilier humain » en japonais et désigne les personnes sacrifiées, enterrées vivantes sous les fondations d’un bâtiment ou un pilier de pont à construire, pour pouvoir apaiser les esprits et protéger la construction. Cette pratique a suscité de nombreuses légendes et histoires de fantômes, on la retrouve encore aujourd’hui dans les légendes urbaines qui circulent sur internet. Par extension, le terme désigne aussi les travailleurs morts sur un chantier qui hanteraient les lieux une fois le bâtiment construit.

J’ai repris ces légendes pour créer un récit qui se passerait de nos jours en France, où des esprits hantant des chantiers de reconstructions sont pris en photo. Le livre est ainsi divisé entre deux cultures, tout comme le narrateur qui se perd dans un dialogue entre le monde des vivants et celui des morts. On retrouve également la thématique chère à H. P. Lovecraft du livre caché qui contient un savoir dangereux pour celui qui le lit.

 

 

Bérénice Trésorier